Point sur la recherche :

A -) ETATS-UNIS :

    - L 'équipe du Pr NUSSBAUM (qui a été le premier à s'engager dans la recherche) du National Institute Health de Bethesda dans le Maryland USA, a montré que les lignes cellulaires d'échantillons de peaudesindividus atteints du Syndrome de Lowe manifestent une insuffisance d'une enzyme appelée :
phosphatidylinositol 4,5 - biphosphate 5 phosphatase.
Cette découverte signifie, qu'un test biochimique par prélèvement de peau, permet de diagnostiquer si un enfant est atteint de la maladie.

 - Actuellement quatre équipes de chercheurs travaillent aux Etats Unis sur le syndrome de Lowe, toutes ces équipes travaillent à une meilleure compréhension des mécanismes de la maladie et notamment à la fonction et la localisation d'une protéine OCRL1 et de l'ensyme PIP2 qui jouent un rôle essentiel dans la cellule et sont directement impliquées dans la mutation du gène.
L'équipe du Pr NUSSBAUM travaille sur ces deux aspects mais aussi sur l'amélioration de la qualité du diagnostic et du conseil génétique.
Deux autre équipes ont entamé de nouvelles recherches:
La première sur la connaissance du métabolisme du PIP2 .
La deuxième sur l'étude d'un modèle animal, le vers "C élégance" qui a l'avantage de ne posséder que 1000 cellules.
Une quatrième équipe mène un travail plus spécifique sur les cellules rénales qui devrait permettre de confirmer la localisation précise de la protéine OCRL1 dans la cellule et mieux comprendre l'interaction entre la protéine et le problème de la tubolopathie.

Des recherches sont égalemment menées en Angleterre .

B -) FRANCE :

Projets de recherches en cours :

L'Agence Nationale Pour La recherche(ANR) est un organisme crée en 2005 par le Ministère de la Recherche qui est chargé du financement d'une partie importante de la recherche en FRANCE. Ce financement se fait sous forme d'appels d'offre suivis par une sélection(voir http://www.gip-anr.fr ). En 2005, un des appels d'offre s'intitulait « ProgrammeMaladiesRares » et géré par l'Institut des Maladies Rares qui s'occupait déjà du programme « Réseaux Maladies Rares » et grâce auquel l'ASL avait obtenu un financement pour les années 2003-2004.

C'est dans ce cadre qu'un projet intitulé « Etudes physiopathologiques du syndrome de Lowe et de la maladie de Dent, deux entités cliniques partageant une base moléculaire commune » a été déposé le 30 juin 2005. Outre des équipes qui s'intéressent au syndrome de Lowe, ce projet comprend également des équipes qui s'intéressent à la maladie de Dent car des travaux récents publiés en 2005 ont montré que le gène OCRL1 responsable du syndrome de Lowe pouvait également être responsable de la maladie de Dent pour une partie des patients atteints de cette maladie. Le syndrome de Lowe et la maladie de Dent sont des maladies rares liées à l'X, considérées jusqu'à présent comme distinctes sur le plan clinique et génétique. Le syndrome de Lowe, associant cataracte néonatale, retard mental et syndrome de Fanconi, est dû à des mutations du gène OCRL1 codant pour une phosphoinositide phosphatase alors que la maladie de Dent, trouble purement rénal associant protéinurie, hypercalciurie et lithiase est souvent lié à des mutations du gène CLNC5 qui code pour un canal chlore mais des mutations d'OCRL1 ont été récemment observées chez des malades de Dent sans mutation de CLNC5.

Répondant aux recommandations de l'appel d'offre qui favorisait les projets associant plusieurs équipes menant des travaux complémentaires, le projet du Pr LUNARDI associait 4 équipes , une équipe »clinique » regroupant les cliniciens et généticiensqui assurent le diagnostique et le suivi des patients, et 3 équipes de « fondamentalistes »: l'équipe du de Gérard GACON(IFR INSERM-Cochin), l'équipe de Bruno GOUD(UMR CNRS Institut Curie) et celle de de Jacques TEULON(UMR CNRS, Université Paris VI).

En octobre 2005, nous avons eu le plaisir d'apprendre qu'après examen par des experts français et étrangers, le projet était parmi les 30 retenus (sur un total de de près de 200 déposé!)et qu'il serait financé à hauteur de 440.000 euros sur une période de 3 ans (2006-2008). La moitié de ce financement est destiné aux recherche de deux chercheurs (doctorant et post-doctorant).








Actine PIP2 Superposition


Accumulation anormale du lipide PIP2 (en vert) dans les structures d'actine membranaire (en rouge) d'une cellule de peau d'un patient atteint de syndrome de Lowe.

Ayant montré pour la première fois, que le défaut d'OCRL1 dans les cellules de malade altère la membrane cellulaire, nous étudions maintenant les perturbations des propiétés de migration et d'adhésion cellulaires qui peuvent en résulter. Ces propriétés sont étudiées au laboratoire, sur des cellules issues des biopsies cutanées de patients.


Nous tenons à remercier sincèrement tous les praticiens et toutes les familles qui ont participé à ce travail.


Dr Genevieve Baujat, pédiatre, Hôpital Necker-Enfants Malades – Paris




"Les travaux des équipes du docteur Gacon et du professeur Lunardi ont été publiés dans un journal de génétique humaine - "Human Molecular genetics" en juillet 2003. référence :

http://www.ncbi.nih.gov/entrez/query.fcgi?db=pubmed&cmd=search&term=Gacon.g


Compte rendu  des travaux menés aux Etats Unis lors d'une conférence en 2002 par un groupe de travail ainsi composé:
(ce compte rendu a été présenté par le Dr Gadisseux neuropédiatre au CHU de Bicêtre à  l'AG 2003)
Robert Nussbaum,
 Kaye McSpadden,  {Génétique et Biochimie
Andrew Thomas                
Richard Lewis           Ophalmomogie  
Eileen Brewer            Néphrologie  
Philip Zeitler              Endicrinologie
John Digiovanni         Dermatologie
Mike Harrison           Orthodontie
Ingrid Taffe,
Lawrence Chamas,   {Neurologie 
Anne Smith                         
L'ensemble de l'exposé de M. Gadisseux n'est pas reproduit ici, car il nécessite des commentaires or, seuls les transparents ayant soutenu la présentation nous ont été communiqués. Ne sont donc reproduits que quelques tableaux statistiques et informations synthétiques sur l'aspect neurologique de la maladie.
Ces tableaux et informations ont une valeur indicative moyenne et ne peuvent donc être une indication précise pour chacun de nos enfants dont les atteintes sont très différentes de l'un à l'autre.


Incidence des troubles neurologiques (tableau fourni par le LSA août 2002)

âge                        nombre            retard        épilepsie          
                            d'enfants
            mental                           
moins de 5 ans        7                       0%                 0%                 
5-12 ans                26                     80%               35%               
13-17 ans              10                    100%              50%               
18 ans et plus         23                      87%              65%  
  total                    66                     77%               44%           
                             troubles du                   hypotonie             insuffisance  
                           comportement                                                  rénale                  
moins de 5 ans                   0%                     100%                          0%   
5-12 ans                          73%                        96%                       12%   
13-17 ans                        90%                      100%                       30%   
18 ans et plus                   96%                        96%                       48%
    total                            76%                        97%                       26%   


HYPOTONIE
 Aspect clinique
Hypotonie axiale et périphérique
Hypotonie faciale, jugale,
Sensation de faiblesse musculaire
Hernie ombilicale, inguinale
Scoliose
Retard de la marche
Constipation
Ostéoporose - fractures (50%)

Acquisition de la marche
    5 ans                17%
    5-13 ans           71%
    13-18 ans         81%
    plus de 18 ans  68%

EPILEPSIE
 Incidence

Inf à 5 ans             0%
5-12 ans             35%
13-17 ans           50%
plus de 18 ans    65%
Total                  44%

Types de crises
Convulsions fébriles (11%)
crises partielles
crises généralisées
Il n'existe aucune corrélation entre l'apparition de crise d'épilepsie et les images observées en IRM la fonction rénale et le degré de retard mental

Un traitement préventif n'est pas utile

RETARD INTELLECTUEL
Quotient intellectuel
Sup. à 85            6 %
70-85               19 %    Intégration
55-69                9 %
40-54              16 %    CLISS
25-39              28 %    IME
Inf. à 25          22 %

Corrélation directe entre retard et trouble du comportement
Pas de corrélation avec lésions IRM, épilepsie. Pas de profil cognitif spécifique.

Troubles du comportement

Chez le jeune enfant :             Cri perçant; stéréotypies oculo-digitales.
Chez l'enfanr:                         Agressivité,comportement antisocial, impulsivité.
Chez l'addolescent et l'adulte: Stéréotypies, obstination, accès de colère.

Conclusions :
Importance d'un diagnostic  précoce du syndrome, d'une prise en charge précoce des problèmes ,
visuels, d'une rééducation ciblée, des troubles du tonus axial (déplacement) et bucco-faciaux(orthophonie)
un bilan neurologique(IRM, EEG), vers 5-6 ans , une surveillance et un traitement des troubles du
comportement dès le plus jeune âge.